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Le projet éco-gardiens pour préserver la biodiversité


La biodiversité en Haute-Amazonie équatorienne est l’une des plus élevées du monde de par sa situation géographique sur la ligne équatoriale et au pied des Andes. Cette biodiversité est aussi l’une des plus menacées du monde, car le taux de déforestation dans cette zone a atteint ces récentes dernières années 2 % par an. A ce rythme, la forêt primaire disparaîtrait en 2070. Il faut agir en mobilisant les populations locales.

Les efforts conjoints de plusieurs ONG internationales dont Arutam ont conduit à la restitution de titres fonciers aux autochtones de la région, soit au total 600.000 hectares de forêts primaires pour les Indiens Shiwiar et Zapara. Malgré la récupération de leurs terres, la pression écologique sur ces territoires est en constante augmentation (projets d’exploitation pétrolière et de plantation de palmiers à huile, extension des routes et des pâturages). Face à cette menace, les autochtones demandent à être reconnus pour leur rôle actif dans la conservation et à pouvoir directement bénéficier des aides internationales pour services environnementaux à la planète (Déclaration de Manaus, 2008).

Il est important de :

  • Sensibiliser les populations locales quant à leur rôle déterminant dans la conservation des forêts tropicales, tant à l’échelle locale qu’internationale
  • Faire reconnaître leur contribution active dans le maintien de la biodiversité, ainsi que dans le ralentissement du changement climatique lorsqu’ils préservent les forêts
  • Leur donner les moyens organisationnels, techniques et financiers pour protéger la biodiversité de ces territoires
  • Leur permettre d’obtenir une source de revenu alternatif à la déforestation


Suite à la demande des organisations autochtones de trouver les moyens de conserver la biodiversité et de valoriser eux-mêmes leurs territoires, notre démarche consiste à les accompagner dans ce projet avec les objectifs suivants.

Objectif général :

Préserver la biodiversité végétale et surtout animale en impliquant les autochtones dans la gestion environnementale de leurs territoires, tout en valorisant leur rôle dans la conservation de ces espaces naturels.


Objectifs spécifiques :

  • Sensibiliser les autochtones quant à leur rôle dans la préservation de la biodiversité, puis les former aux techniques modernes de gestion de la forêt (20 villages)
  • Obtenir le classement sociobosque de ces forêts : « réserve forestière habitée » selon les normes actuellement en vigueur en Equateur
  • Recenser et suivre l’évolution de la biodiversité dans les territoires shiwiar et zapara, en tout particulièrement certaines espèces témoins : aigle arpia, toucan, dauphins d’eau douce, singe paresseux, singe tamarin, signe araignée, singe rouge (ancêtre mythique des indiens zapara)
  • Valoriser la conservation comme une activité de développement durable pour ces populations incluant écotourisme et extractivisme durables

Résultats attendus

R1: 3.000 indiens shiwiar et zapara sensibilisés et informés sur leur rôle et leur intérêt quant à préserver la biodiversité de leurs territoires

R2: Enregistrement « Sociobosque » auprès du Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement équatorien (MAE), d’au moins une partie des territoires shiwiar et zapara

R3: Formation, équipement et rémunération de 20 gardes écologiques autochtones (10 Shiwiar et 10 Zapara), leader communautaire et promoteur de la biodiversité dans les 20 villages autochtones du territoire à préserver

R4: Mise en place d’au moins deux projets de valorisation de la biodiversité : un en écotourisme, un en extractivisme durable (noix ou plantes médicinales), auxquels se rajoute la mise en place de mécanismes de paiement pour services environnementaux rendus (PSE)

Viabilité du projet :

Ce projet couvre un an de suivi et deux ans de viabilité locale pour une surveillance portant sur 6.000 km2, soit l’équivalent de quatre fois la totalité de l’agglomération parisienne. La surface moyenne à suivre pour chaque garde écologique est un carré de forêt de 17 km de côté, soit 4 heures de marche environ, durée qui peut être raccourcie lorsqu’une voie fluviale navigable le traverse. Bien qu’il ne sera pas possible de surveiller la totalité des 6.000 km2 de par l’impossibilité de répartir de manière parfaitement régulière les 20 gardes, nous avons estimé que 50 % du territoire concerné sera correctement contrôlé. Au-delà de cette première phase, il sera possible d’engager une seconde tranche de formation pour 20 gardes écologiques supplémentaires.

L’une des clés du succès de ce projet repose sur la mise en place de micro-projets sources de revenus alternatifs permettant de pérenniser l’activité des gardes autochtones. Parmi ceux-ci, citons :

  • l’écotourisme solidaire
  • le paiement pour services environnementaux rendus (PSE) par l’Etat équatorien
  • les mécanismes REDD de compensation carbone, attendus pour 2010-2012
  • la collecte sélective de noix ou plantes sylvestres et leur transformation/valorisation

Deux sont déjà très porteurs d’espoir :

  • L’écotourisme est déjà en fonction dans la partie Est du territoire à l’initiative des shiwiar (www.ikiam.info) et ne demande qu’à être développé, notamment par l’ONG péruvienne Latitud Sur (http://www.latitudsur.org/VOYAGES/AMAZONIE/FR/Shiwiars.html).
  • Le PSE, par l’intermédiaire du mécanisme de classement des forêts en Sociobosque, est aussi en cours de mise en place par le Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement : www.ambiente.gov.ec/paginas_espanol/sitio/index.html. Celui-ci prévoit notamment une rémunération annuelle de 3 USD/an/hectare pour un plafond maximal de 10.000 hectares par ethnie.

Les deux autres moyens seront explorés durant l’exécution du présent projet.

Ce projet est soutenu par la Fondation Audemars-Piguet, Suisse






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